Les chiffres donnés par la préfecture sur l’année 2008 n’ont rien de rassurant, il faut les lire avec lucidité. Que nos adversaires de gauche (Marisol Touraine parlant au nom du PS) s’en emparent cette semaine pour tenter de discréditer l’action du gouvernement, c’est de bonne guerre ; mais ceux qui ont un peu de mémoire se souviennent des raisons qui ont conduit au 21 avril 2002 sans qu'il soit besoin d'entrer dans le détail.
Voilà donc que, même moyennés, les actes de délinquance continuent de croître, particulièrement les violences à la personne – parmi elles les violences sexuelles font un bond de +14,56% – et les infractions économiques et financières qui progressent de plus de 9%.
Sur les infractions motivées par le gain d’argent ou de richesse, il est peut-être un peu rapide d’incriminer la crise économique, sauf à constater une brusque hausse au dernier trimestre. Mais si cette explication tient, 2009 devrait voir s’aggraver très nettement cette tendance. Les collectivités doivent impérativement prendre les moyens d’une vigilance et d’une réactivité encore plus importante vis-à-vis de la pauvreté qui est à nos portes. Une assistante sociale me disait cette semaine qu’elle observe un afflux inhabituel de demandes d’aides financières dans son secteur. Mais chaque Français doit aussi être attentif à ce qui se passe dans son quartier ; chaque Français doit se poser la question de savoir s’il n’a pas un peu de temps et de moyens à donner aux associations qui accomplissent 80% de la solidarité réelle.
Sur les infractions sexuelles, il faut effectivement constater que nous sommes encore très mauvais en matière de prévention. Le débat surmédiatisé sur le régime de détention des criminels sexuels a occulté et continue d’occulter le vrai problème : comment notre pays génère-t-il, voire encourage-t-il la délinquance et la criminalité sexuelle ? Question incroyablement taboue, question que Mme Touraine, dans son apostrophe au gouvernement, ne pose pas ! Chut ! Ne surtout pas s’exposer sur ce terrain déicat qu’aucun parlementaire, à ma connaissance, n’ose s’approprier. Et pourtant, voilà un problème de société qui mériterait bien une « rupture », une nouvelle approche, un peu de courage tout simplement.
Les violences aux personnes ne baisseront qu'au prix d'une réflexion collective courageuse qui reste à conduire.
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