L'annulation par le tribunal administratif de Besançon de la décision du Conseil Général du Jura de ne pas accorder l'autorisation d'adoption à une femme homosexuelle célibataire est une nouvelle jurisprudence qui satisfait des lobbies mais qui ne va pas dans le sens de l'intérêt de l'enfant.
Tout d'abord, il ne s'agit pas d'une autorisation d'adopter au profit des couples homosexuels, n'allons pas trop vite en besogne. Bien sûr, nul n'est dupe sur la portée de cette annulation. Les lobbies activistes qui soutenaient la procédure de la plaignante s'y engouffrent et réclament, forts de cette nouvelle jurisprudence, qu'on légalise l'adoption par des couples de même sexe. Mais le gouvernement et les politiques conservent leur mot à dire. Ils ont en particulier un mot à dire sur le droit de l'enfant à avoir un père et une mère et, comme le souligne l'UNAFC, sur le fait que ce droit est premier.
Mais en réalité, comme le remarque très justement
Hervé Mariton dans un interview au journal La Croix, c'est le principe de l'adoption au profit des célibataires qui est à revisiter. Le Tribunal de Besançon n'a fait que rejeter une discrimination sur l'orientation sexuelle d'une personne célibataire, sur l'injonction de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (il faudrait un autre texte pour parler de l'éthique de la CEDH). Si l'on veut effectivement faire progresser l'idée qu'un enfant a le droit d'avoir un père et une mère, et que ce droit prime sur tout autre droit d'adulte sur lui, on voit que cette adoption consentie aux célibataires pose problème et révèle des incohérences de notre Droit. L'AMP n'est autorisée qu'aux couples, rappelle le député de la Drôme.
Je suis pour ma part très étonné de voir que Hervé Morin, président du Nouveau Centre, se laisse séduire par la rhétorique finalement aisée à décrypter des lobbies homosexuels : comment ne pas voir qu'ils luttent pour satisfaire les désirs de certains adultes très minoritaires mais très influents, point final ? Ils ne luttent pas pour l'intérêt de l'enfant, contrairement à des associations, non militantes, comme celle des
professionnels de l'enfance. Or, dans notre société qui se flatte de lutter pour les droits de l'enfant, qui se dote même d'un Défenseur des enfants, ce devrait être le droit de l'enfant qui devrait être pris en compte avant le droit de l'adulte selon le principe civilisateur qui veut que le droit du plus faible garantit celui du plus fort. Attention, on ne construit pas l'union politique avec de telles brèches.
Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, rappelle
que le gouvernement a eu l'occasion de dire à plusieurs reprises - la Président de la république lui-même s'est exprimé sur le sujet - que nous n'étions pas favorables à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels.
La brèche juridique est pourtant largement ouverte désormais, il faut le voir bien en face. Le droit à l'enfant, que tous les politiques condamnent unanimement, progresse indiscutablement dans les faits, c'est très alarmant. Le
Parti Chrétien-Démocrate appelle le gouvernement à stopper cette dérive juridique qui risque bien de rendre vain et inopérant un choix de société de bon sens exprimé par une majorité élue.
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